Tarde de otoño. Après-midi d´automne.

 La alegria de vivir. Henri Matisse.

¿Y porqué no volver, amor, dime, porqué no volver

a la habitación  de aquel hotel lejano?  Volver y amarnos hasta morir.

¿Recuerdas el rio inmenso (como solo los hay en Asia),

sus soles multiplicados como ninfeas de Monet,

sus ondulaciones doradas navegando sobre nuestra cama,

filtradas por el delicado tamiz del visillo?

volutas blancas mecidas por el aire frio de la Sierra.

Nevó esta noche. Apriétame fuerte, amor, hermano,

apriétame fuerte, que ya llegó el otoño,

laminado en oro como una mujer fatal.

¿Y porque no volver, amor, dime, porque no volver

a la habitación de aquel hotel lejano?  Volver y amarnos hasta morir.

¿Oyes la cadencia de los remos hundiéndose en el agua,

al niño que, con su flauta, canta a la luna, justo bajo nuestra ventana,

la curva musical de nuestros cuerpos, adagio de Debussy,

elevándose bajo el claro oscuro del velo de nuestras pestañas?

las hojas del castaño encienden la pradera.

El viento cruje. Apriétame fuerte, amor, hermano,

apriétame fuerte, que ya llegó el otoño,

laminado en oro como una mujer fatal.

¿Y porque no volver, amor, dime, porque no volver

a la habitación de aquel hotel lejano?  Volver y amarnos hasta morir.

¿Hueles la esencia de las jaracandás, sombra violeta, aureola de mis ojos,

el olor anaranjado de los mangos apilados en la barcaza,

el sabor dulce de nuestros cuerpos, pinceladas de Matisse,

madurado en el ámbar de nuestro paladar, oriental de especies?

La llama, fragancia de jazmín, baila sobre la superficie del espejo,

en el iris de tus ojos…  llama que prendes en mí, tú que me besas,

muy lejos de Asia, muy cerca del Retiro, donde, esta mañana,

se contoneaba el lago acariciado por un viejo acordeonista.

¿Y porque no quedarnos, amor, porque no quedarnos,

tumbados sobre nuestro lecho, ocupados en amarnos,

hasta que la vela se consuma, hasta la oscuridad?

Version française.

La joie de vivre. Henri Matisse. 

Et pourquoi ne pas retourner, mon amour, dis-moi, pourquoi ne pas retourner

dans la chambre de cet hotel lointain? Y retourner et nous aimer à en mourir.

Te souviens- tu de la rivière inmense ( comme seulement il y a en Asie),

de ses soleils multipliés, nimphéas de Monet,

de ses ondulacions dorées naviguant sur notre lit,

filtrées par le tamis délicat  des rideaux?

volutes blanches berçées par l´air froid des montagnes.

Il a neigé cette nuit. Serre-moi fort, mon amour, mon frère,

serre- moi fort, l´automne est arrivé,

laminé d´or comme une femme fatale.

Et pourquoi ne pas retourner, mon amour, dis-moi, pourquoi ne pas retourner

dans la chambre de cet hotel lointain? Y retourner et nous aimer à en mourir.

Entends- tu la cadence des rames plongeant dans l´eau si dense,

l´enfant qui, avec sa flûte, chante la lune, juste sous nos fenêtres,

la courbe musicale de nos corps, adagio de Debussy,

qui s´élève sous la voilette clair-obscur de nos cils?

les feuilles mortes rougeoient  sur la pelouse.

Le vent crisse. Serre moi fort, mon amour, mon frère,

serre- moi fort, l´automne est arrivé,

laminé d´or comme une femme fatale.

Et pourquoi ne pas retourner, mon amour, dis-moi, pourquoi ne pas retourner

dans la chambre de cet hotel lointain? Y retourner et nous aimer à en mourir.

Sens- tu l´essence des jaracandas, ombre violette qui cerne mes yeux,

l ´odeur orangée des mangues apilées sur la barcasse,

la douce saveur de nos corps, touches de Matisse,

mûrie  dans l´ambre de nos palais, gorgés d´épices?

La flamme de la bougie, fragrance de jasmin, danse sur le miroir,

dans l´iris de tes yeux, puis  tu l´ allumes en moi, toi qui m´embrasses,

très loin de l´Asie, et près du Retiro, où, ce matin,

l´étang brillait de tous ses feux, caressé par un vieil accordéoniste.

Et pourquoi ne resterions- nous pas, pourquoi ne resterions- nous pas,

étendus sur notre lit, occupés à nous aimer, confondus de joie,

jusqu´à  l´extinction de la flamme, mon amour, jusqu´à l´obscurité?

20 pensamientos en “Tarde de otoño. Après-midi d´automne.

    • Javier, todo un honor que compartas mi poema en tu blog. Es curioso (debe de ser por la edad) pero no lo siento tan melancólico como lo describes. En algo he fallado!
      Un abrazo

  1. Anne
    há talvez alguma contradição (?) entre ” mon amour, mon frère” e “nous aimer à en mourir”. Na segunda está o desejo absoluto, na primeira estará talvez um amor que é como o rio largo e estendido que vai correndo lento numa planície a perder de vista. Mesmo no último verso falas de algo que se extingue, não de algo que acaba. Há uma diferente noção de tempo, onde estará o adagio de Debussy.
    A diferença entre comer e saborear…prefiro a segunda (” sera por la edad !?”)
    Um abraço grande

    • Xico, te adjunto un poema de Beaudelaire,”L´invitation au voyage”, al cual he hecho un guiño. En francés se puede llamar, hermana (o hermano), al ser amado cuando existe una conexión muy grande.
      He querido hablar de un recuerdo amoroso muy vivo, donde una, o uno, se da cuenta que no se vive de recuerdos sino del presente. Creo que no he conseguido mi propósito! Otra vez será. Espero, estimado xico, te guste el poema de Beaudelaire.
      Un abrazo

      Mon enfant, ma soeur,
      Songe à la douceur
      D’aller là-bas vivre ensemble !
      Aimer à loisir,
      Aimer et mourir
      Au pays qui te ressemble !
      Les soleils mouillés
      De ces ciels brouillés
      Pour mon esprit ont les charmes
      Si mystérieux
      De tes traîtres yeux,
      Brillant à travers leurs larmes.

      Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
      Luxe, calme et volupté.

      Des meubles luisants,
      Polis par les ans,
      Décoreraient notre chambre ;
      Les plus rares fleurs
      Mêlant leurs odeurs
      Aux vagues senteurs de l’ambre,
      Les riches plafonds,
      Les miroirs profonds,
      La splendeur orientale,
      Tout y parlerait
      À l’âme en secret
      Sa douce langue natale.

      Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
      Luxe, calme et volupté.

      Vois sur ces canaux
      Dormir ces vaisseaux
      Dont l’humeur est vagabonde ;
      C’est pour assouvir
      Ton moindre désir
      Qu’ils viennent du bout du monde.
      – Les soleils couchants
      Revêtent les champs,
      Les canaux, la ville entière,
      D’hyacinthe et d’or ;
      Le monde s’endort
      Dans une chaude lumière.

      Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
      Luxe, calme et volupté.

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  2. ¡Poetisa del amor y del otoño! Bellos versos para una noche en la penumbra, cuando la vela se consuma y no queden sino sombras para amarse o…, quizá también para odiarse. Nunca se sabe 🙂

    • zanbu, no! Peace and love! Los tiempos que vivimos tienen tanta carga de odio que no apetece añadirles ni una pizca más!Te agradezco el comentario.
      Un abrazo

  3. ¿Y porque no volver, amor, dime, porque no volver.a la habitación de aquel hotel lejano? Volver y amarnos hasta morir.. Un pedimento de volver. Dejar el pasado y retomar el presente, eso pareces decirnos, con el rondó poético que como eco se escucha en los intestinos del poema. Pero también se consigue traer un dejo de nostalgia, por lo que se fue. Elocuente y equipado con bellas metáforas… Siempre es un placer llerte. te dejo un beso y muchos abrazos Rub,

    • rub, a veces nos aferramos al pasado y se nos olvida vivir el presente. Una pena. Es un placer,siempre renovado,leer tus comentarios, querido rub.
      Un abrazo

  4. Chère Anne,

    Lorsque j’ai trouvé par hasard votre très beau recueil « Soliloquio en Blanco y Negro », j’ai été tellement ému que j’ai voulu vous le dire tout de suite, tout en ignorant tout de vous (mais, comme je vous l’ai écrit, depuis une certaine expérience je dis tout, sans attendre…) : en lisant votre poème, et puis en le relisant à Héloïse — qu’il a beaucoup touchée —, j’ai remercié le « hasard objectif » qui m’avait mené à vous.
    Et je suis heureux de ne m’être pas retenu de vous écrire, la première fois — ainsi que je l’aurais fait, sans doute, avant l’été 2010. Et je suis fier de vous connaître, comme poète.

    Voilà un poème que seuls l’amour vrai, le cœur — c’est-à-dire, aussi, l’aventure et la vie — ont pu faire naître ; et l’on se dit que celui à qui il s’adresse est un bienheureux homme, car bienheureux est celui qui est l’amant, le compagnon et le « frère » d’une femme qui peut lui écrire un tel poème d’amour — parce qu’elle le ressent, – parce qu’elle en a le génie …

    Alors que l’époque fanfaronne, chez tous et partout, avec son ridicule bluff libertin (néo-sadien de masse) ou son pipeau hédoniste en toc, quelques lignes où brillent le désir vrai, la mélancolie, la joie, le cœur, l’aventure partagée, le désir, l’abandon, le Temps souvent ensemble joui et contemplé, suffisent à balayer et à renvoyer tout ce bruit et cette agitation prosélytes et désespérés à leur néant.

    Si vous me le permettez, j’oserai vous dire que votre voix de poète détonne avec votre voix sociale, si charmante — que je ne connais qu’à vous lire dans vos réponses aux commentaires ; et c’est comme si une enfant délicieuse, frondeuse et un peu timide en même temps, tout à coup, se mettrait à chanter comme Billie Holiday, ou comme la Callas — et l’on reste médusé… par cette voix profonde, qui est la vôtre, et qui bien sûr dépasse celle que vous êtes le reste du temps — et comme il se doit — avec votre politesse exquise, et bien élevée.

    Cette voix, qui s’élève et tranche tant d’avec le reste et les autres, c’est à cela, à mon sens, que l’on reconnaît la grande poésie.

    Donc, si vous regardez bien, au fond de la salle, vous verrez, dans l’ombre, un homme et une femme — des « afficionados », des « sensualistes »… — qui attendent, sans impatience, le moment où la magie de ce chant va de nouveau s’élever…

    Bien à vous,

    Héloïse Angilbert et R.C. Vaudey

    • Chère Héloïse et cher R.C.,

      Je vous imagine si bien au fond de la salle, illuminés par la douce lumière d´un tableau de Vermeer. Votre commentaire est très beau, il m´a beaucoup émue. Et vous avez raison, je suis une enfant timide et frondeuse avec une âme (?) qui aime scruter les profondeurs… cela dit je chante comme une casserole! Je suis aussi, bien élevée, et j´en ai gré à mes parents quand je vois ces meutes de gens sans aucune éducation (hier j´ai raté un avion et j´ai eu tout le loisir de contempler des masses primitives, au très mauvais sens du terme. Cela me désole).

      Merci à nouveau pour votre commentaire qui m´a infiniment touchée… tellement que je vais l´imprimer.

      Bien à vous deux, au fond de la salle, près d´un feu crépitant.

      Anne

  5. Anne
    não conhecia este poema de Baudelaire…que beleza! Parece imenso na linha de pensamento do que escreveste. As coisas não se repetem. Se se repetissem perdiam muito do encanto. Só o criminoso volta ao local do crime (e por isso é preso). Inventemos todos os dias, inventando o amor. A tua forma de descreveres as coisas tem o sabor de um barroco com veludos, mas sem talhas douradas … Luxo sem peso.
    um abraço

    • Estimado xico,
      No sabes como me alegra haberte dado a conocer este poema de Beaudelaire. Es una maravilla. Tienes toda la razón: la repetición es monotonía, hay que saber reinventarse en todas las facetas de la vida y particularmente en el amor.
      Un abrazo

  6. Pingback: las cuatro estaciones (IX): otoño. Tarde de otoño; amores evocados, pasiones furtivas | Fragments de vida

    • No me importa, Javier! Todo lo contrario. Me honra que se busquen interpretaciones diferentes, las distorsiones son vida, movimiento.
      Un abrazo

  7. Finalmdente me ha parecido sugestivo apuntalar el hermoso poema con un contrapunto narrativo ligeramente amargo. Es probable que distorsione ligeramente en tono del poema pero confío que el resultado y su combinación con el fragmento narrativo y la potente imagen acabe seduciéndote y no me tengas en consideración esta pequeña salvajada. http://fragmentsdevida.wordpress.com/2012/11/20/las-cuatro-estaciones-ix-otono-tarde-de-otono-amores-evocados-pasiones-furtivas/

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